Une architecture modulaire de calcul quantique, comprenant de petits processeurs interconnectés par des liens quantiques, apparaît comme une approche prometteuse pour le passage à l’échelle du calcul quantique tolérant aux pannes. Dans un article déposé sur ArXiv, une équipe de la startup Alice&Bob et de l’institut de physique théorique du CEA, soutenue par le programme Nanoelec/Q-Loop, explore une architecture distribuée adaptée aux qubits supraconducteurs ayant une connectivité planaire, tirant parti du code de surface pour la correction des erreurs et permettant des opérations tolérantes aux pannes. Grâce à des simulations numériques évaluant l’efficacité d’un code de surface distribué entre plusieurs processeurs et compte tenu d’une architecture minimaliste, l’équipe a identifié les exigences du réseau qui permettent la factorisation d’un nombre RSA-2048 (soit un nombre à 617 chiffres).
À condition d’avoir des liens quantiques capables de préparer des états intriqués avec une fidélité de 98,4 % entre les modules, le surcoût (en nombre de qubits et en temps de calcul, par rapport à une architecture avec un seul gros processeur) dû à l’utilisation de petits modules devient négligeable. Cette conclusion est encourageante compte tenu des récentes expériences parvenant à créer de tels liens avec une fidélité de plus de 95 %. »
Jacinto, H., Gouzien, É., & Sangouard, N. (2025). Network Requirements for Distributed Quantum Computation (arXiv:2504.08891). arXiv.